« D’une montagne à l’autre,deux personnes en peuvent se parler, mais il leur faut une demi-journée pour venir se serrer la main »,dit un dicton du Guizhou.Cette province prolonge, à l'ouest, le plateau calcaire du Yunnan. L'érosion y a façonné une collection de reliefs qui devrait faire pâlir d'envie les berges de la rivière Lijiang à Guilin :karsts à pitons et à aiguilles ,colines, grottes et cavernes. Ses 1 000 m d'altitude font du plateau du Guizhou une redoutable frontière naturelle: son relief compartimenté le transforme en un labyrinthe de vallées étroites et d’horizons déchiquetés. Voilà pourquoi les peuples venus s’y établir .Et que les Chinois désignèrent longtemps sous le terme générique de Man , «Barbares du S. »,résistèrent naturellement ,des siècle durant, à l’assimination à l’Empire.Les Han n’entamèrent la colinisation de ce plateau chaotique qu’à la fin du XVème siècle......Aujourd’hui, le Guizhou est une constellation de peuples (Miao,surtout, mais aussi Dong, Shui, Buyi,Ge et Yi) et de villages . Autant de villages , autant de costumes et de parures différents. Les brodeuses puisent l’inspiration de leur motifs dans les légendes de leur peuple ,mais aussi dans les métamorphoses du monde . Car, dans cette contrée où les hommes ont façonné la terre pour la cultiver, en autant de terrasses ,de petits croissants minuscules qui épousent concentriquement les flancs des vallées , le jeu des saisons est un enchantement.
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