Zhao Ji (1082-1135), l’empereur Huizong (1100-1125) de la dynastie des Song (960-1127), est un personnage historique controversé. Il devint empereur par une erreur historique. Zhao Ji était le frère cadet de l’empereur Zhezong (1085-1100) qui n’avait pas de fils. C’est ainsi qu’à la mort de ce dernier, le trône fut cédé à Zhao Ji. N’ayant pas l’esprit préparé à gouverner et manquant d’intérêt pour le trône, Zhao Ji utilisa l’autorité impériale pour satisfaire ses goûts artistiques.
Certains prétendent que Zhao Ji était né artiste et qu’il était exceptionnellement les poèmes en vers inégaux, les inscriptions sur bronze et sur stèle, les peintures et les calligraphies. Il fonda l’Académie des Beaux-Arts, collectionna des objets d’art, exploita de jolies pierres dures et composa des ouvrages pour exposer des objets en bronze, des peintures et des calligraphies. En 2002, son ouvrage Des animaux rares rapporta 25,3 millions de yuan (3,04 millions de dollars US) lors d’une vente aux enchères.
Par ailleurs, Zhao Ji fit aussi des analyses sur la culture du thé. Essai sur le thé, la seule monographie de l’empereur Huizong, fut composée en 1107. Ses vingt textes ont répertorié les lieux de production, les modes de cueillette et de préparation du thé, les services à thé, les qualités du thé et de l’eau, ainsi que la qualité comparée de différents thés au moyen de tests publics bien détaillés.
Par exemple, un article intitulé Cueillette du thé raconte que le thé a l’aube et arrêter au lever du soleil. Pour éviter que le thé ne soit souillé par la sueur de la main, la cueillette doit se faire avec deux ongles. En ce qui concerne la qualité de l’eau, Zhao Ji estimait que l’eau de source est de première qualité, et l’eau de puits, de seconde qualité, et l’eau de rivière, de qualité inférieure. Il a aussi écrit que le broyage du thé doit se faire avec une roue et une auge d’argent, et que les servivces à thé doivent être composés de récipients de couleur moire et de dimension standard.
La comparaison de la qualité de différents thés par des tests publics était une activité bien en vogue à l’époque des Song. Tous, de l’empereur jusqu’aux gens de commun, se passionnaient pour l’activité de comparaison des modes de préparation du thé, des services à thé et des qualités du thé et de l’eau. Cette activité se déroulait ainsi : trois ou cinq amis s’assayaient dans une salle ou une cour pour apprécier la préparation du thé, les qualités de l’eau et le bon goût du thé, de même que sa couleur stantard et de l’exquise de son parfum.
L’empereur Huizong était d’une habileté rare à cette activité. On disait qu’il remuait son thé avec un ustensile en forme de brosse qui faisait des ondulations intéressantes. Au cours de ces activités, l’empereur Huizong se mettait toujours en vedette et remportait la victoire, alors que dans le traitement des affaires du gouvernement, ses idées étaient confuses. Son pourvoir tomba donc entre les mains des autres. Quand les indésirables étaient au pouvoir, les brave gens souffraient. Ainsi, l’Etat vivait des troubles internes et était menacé d’invasions étrangères. Plus tard, la décadence de la dynastie des Song permit à Zhao Ji de céder sa place à son fils aîné et de donner libre cours à sa passion pour les art. Deux ans plus tard, il fut fait prisonnier et mourut sans sépulture le jour même où la ville tmba aux mains de l’ennemi.
Bien que les historiens le considèrent comme un souverain stupide et dépravé, il faut reconnaître qu’il a joué tout de même un rôle important dans le développement artistique et culturel de la Chine antique. Son ouvrage Essaie sur le thé en a fait un personnage de l’histoire de la culture du thé chinois. Cet essai est plutôt une monographie qu’un manuel historique. Bien que l’on ne puisse pas dire que sa passion pour le thé ait porté préjudice à l’Etat, il est quand même difficile d’admirer autant ses sentiments envers cette boisson. |